Archives de catégorie : Lovecraft

Textes et messages ayant trait à l’auteur H.P. Lovecraft.

« Little Shop of Horrors » et l’œuvre de H. P. Lovecraft

« Little Shop of Horrors »
et l’œuvre de H. P. Lovecraft

Le film « Little Shop of Horrors » est un grand classique de la science-fiction qui fut présenté sur nos écrans en 1986. Ce film musical américain réalisé par Frank Oz est une adaptation de la comédie musicale de Broadway du même nom (1982). L’histoire est toutefois tirée du film éponyme du célèbre Roger Corman, sorti en 1960.

Plusieurs passent outre la place singulière de ce film dans le paysage cinématographique lovecraftien. Comment leur en vouloir? Son ton comique et son déploiement exagéré se prêtent peu à l’idée que l’on se fait généralement du Mythe. La version musicale ajoute un verni étrange qui se détache encore plus des histoires de Lovecraft. Le film ne met pas en avant plan des intellectuels cultivés comme dans l’œuvre du génie de Providence. Ses personnages principaux sont même plutôt simples, des représentants que plusieurs considéreront comme sous la moyenne.

Pourquoi alors compter ce bijou de la sci-fi dans le compendium expansif du Mythe lovecraftien? Je propose d’éplucher son scénario afin d’y dégager les éléments inspirés par l’œuvre de notre auteur favori. Après quelques considérations au sujet du film de Corman, je parlerai essentiellement de la version de 1986 qui présente encore plus d’éléments du Mythe.

Mais penchons-nous d’abord brièvement sur le réalisateur du film d’origine, Roger Corman. Ce réalisateur de renom est un incontournable de la science-fiction. On lui doit plus d’une cinquantaine de films au titre de réalisateur et plus de 400 à titre de producteur! Lovecraft est visiblement une de ses influences. On devine déjà sa trace à l’époque où « Little Shop of Horrors » est tourné. Trois ans plus tard, Roger Corman réalise même « The Haunted Palace » (1963), un film inspiré du roman L’Affaire Charles Dexter Ward de H. P. Lovecraft.

Épuré de ses pièces musicales et de son ambiance Broadway, le scénario du film dévoile son vrai visage. Son synopsis est digne des cannons établis par Lovecraft. Un homme découvre chez un vendeur étranger une nouvelle variété de plante jusqu’ici inconnue. La plante semble miraculeuse et attire la bonne fortune sur son propriétaire. Celle-ci s’avère toutefois être un être carnivore assoiffé de sang humain. Dans la version musicale, elle est même une créature originaire de l’espace venue sur Terre pour s’emparer de notre monde. Le botaniste amateur doit finalement se retourner contre sa créature au péril de sa vie.

Le décor est situé à l’origine dans le Skid Row, à Los Angeles, bien que la version de 1986 transporte l’action à New York. Skid Row est une partie défavorisée de la ville, là où s’entassent les gens privés d’avenir, les pauvres et les affamés. J’y vois une première référence à Lovecraft qui séjourna un temps à New York. Ce furent pour lui des années difficiles. Dans Horror at Red Hook, l’auteur souligne la misère omniprésente de la grande ville. En ce sens, la perception que Lovecraft a de New York cadre à merveille avec le décor du film.

À première vue, le personnage principal, Seymour Krelborn, n’a que peu de liens avec les protagonistes lovecraftiens. Il est un orphelin sans éducation. On le présente même comme un jeune homme un peu simple, sans ambition. Lorsqu’on s’attarde un peu plus sur son cas, on devine toutefois que Seymour nourrit un intérêt marqué pour la botanique. On remarquera dans sa chambre la présence de plusieurs boutures et de quelques livres sur le sujet. Un peu comme l’était Lovecraft lui-même, Seymour est un chercheur autodidacte. On pourra imaginer que dans son monde de misère, il est ce qui se rapproche le plus d’un expert ou d’un savant.

La troisième pièce musicale du film explique comment Seymour a acquis la plante fantastique chez un vendeur oriental, Mr. Chang. L’étrange créature apparaît sur les tablettes lors d’une éclipse inattendue. Nous rejoignons ici deux thèmes chers à Lovecraft. L’astronomie joue un rôle dans l’apparition de la plante sur Terre. Est-ce un clin d’œil à la célèbre référence « when the stars are right »? De plus, la chose extra-terrestre est acquise chez un vendeur d’origine étrangère, un homme d’origine chinoise. Ceci cadre à merveille avec la propension xénophobe de l’auteur.

La nature végétale de l’être venu d’ailleurs peut être un rapprochement entre ce film et le Mythe. Lovecraft et ses collaborateurs sont avides d’êtres qui n’ont rien à voir avec la vie terrestre telle que nous la connaissons. Des Mi-Gos faits de matière fongique aux mystérieux membres de la Grande Race, de nombreuses créatures issues des textes du cercle lovecraftien évoluent hors du règne animal. Ces intelligences étranges sont-elles des cousins éloignés de la plante maléfique?

Au fil du film, on découvre que la plante extra-terrestre, Audrey II, est capable d’effets singuliers. Sa vue attire les clients chez le fleuriste où travaille Seymour. L’intérêt de la plèbe pour le végétal est surnaturel. Audrey II attire la bonne fortune vers Seymour mais il s’aperçoit rapidement que cette bénédiction vient avec un prix sombre. Pour survivre, la plante a besoin de sang frais. L’orphelin paye d’abord cette note au prix de sa force vitale. Il se coupe en secret pour garder son trésor vivant. C’est lorsqu’il n’en peut plus que la créature montre son vrai visage en s’adressant à lui d’une voix suave : « Feed Me! » (Nourrit-moi). Manipulé par Audrey II, Seymour se tourne finalement vers le meurtre pour satisfaire son allié venu d’ailleurs.

Cette dégringolade morale évoque bien l’univers dépeint par Lovecraft. Dans de nombreux récits, le protagoniste vient à remettre en question sa morale afin de poursuivre sa quête du merveilleux. Il se met à déterrer des cadavres ou entreprend la lecture de tomes maudits; il se livre à des expériences repoussantes. Comme dans les écrits de Lovecraft, la découverte qui semblait d’abord une bénédiction se révèle être de nature plus sombre. Enfin, l’idée que la curiosité scientifique du personnage principal lui ouvre un monde qu’il apprend à craindre vient cadrer à merveille avec les idées de l’auteur de Providence.

La finale du film peut paraître un brin trop heureuse pour un film lovecraftien. Après avoir vaincu la plante maléfique, Seymour et sa fiancée Audrey fuient New York pour s’établir en banlieue, loin de Skid Row. Je vous invite toutefois à considérer le montage original, considéré trop sombre pour les audiences de l’époque : le végétal maudit dévore les acteurs principaux puis s’élance hors de la boutique pour semer le chaos sur New York. On assiste à la débandade tandis que des plantes géantes détruisent la cité dans une scène digne d’un vieux film de Godzilla. Voilà un scénario qui ferait sourire Nyarlathotep.

Allez-y. Retournez regarder ce petit bijou avec un œil neuf. Tapez du pied au rythme de ses chansons entrainantes. Dans cette ère de Cthulhu en peluche, Lovecraft est entré dans la culture populaire et s’y est taillé une place importante. De toutes les interprétations du Mythe, on ne peut passer outre l’humour subtil de certaines ses facettes. Créé quelques décennies avant son temps, Little Shop of Horrors a-t-il enfin trouvé sa place? Je le crois.

 

Robert Bloch

Robert Bloch (1917 – 1994)

Collaborateur tardif de Lovecraft

Cet écrivain et scénariste est célèbre pour l’adaptation qu’a fait Alfred Hitchcock de son roman Psychose. Adolescent, il est un tel fan du magazine Weird Tales qu’il engage une correspondance avec Lovecraft qui l’encourage à développer ses propres récits de fiction. Il est le créateur du grimoire Le Culte des Goules écrit par un certain Comte D’Erlette (en référence à Auguste Derleth) et du De Vermis Mysteriis, un autre ouvrage impie du Mythe Lovecraftien.

Il mêle l’horreur médiévale aux éléments incompréhensibles propres à Lovecraft. Avec le temps, il se détache des canevas lovecraftiens pour s’approprier le style. Il plante ses récits dans des décors plus contemporains avec lesquels il se sent plus à son aise.

La mort de Lovecraft le libère de l’emprise de son mentor et le pousse à faire exploser son style. Il s’intéresse à des éléments moins propres aux canevas d’origine et explore la magie noire, le vaudou, la possession démoniaque plus classique ainsi que la science-fiction.

Un second élément qui transformera son style, les témoignages de la Seconde Guerre Mondiale ont beaucoup bouleversés Bloch. Les atrocités perpétrées par ses semblables ont grandement changé sa perception de l’horreur; l’horreur est en nous, dans nos têtes, nos coeurs. Il laisse le monde surnaturel et se penche sur la psychologie.

 

Un échantillonnage des textes de Bloch :
  • Suicide dans l’étude
  • Le démon des étoiles
  • Le rictus de la goule
  • L’ombre du clocher
  • Le temple du pharaon noir
  • La crique de la terreur
  • Embarquement pour Arkham
  • Retour à Arkham
  • Les mystères du ver
  • Le démon noir
  • Le train pour l’enfer
  • Psychose
  • Votre dévoué, Jack l’éventreur
  • La nuit de l’éventreur
  • Le maitre du passé
  • Le temps mort
  • Monde des ténèbres
  • Le boucher de Chicago

 

Robert E. Howard

Robert E. Howard

Collaborateur important de Lovecraft

Robert Ervin Howard est né à Pester, au Texas, le Il est le père de la Sword and Sorcery. Son oeuvre colossale est un incontournable dans le domaine de la littérature fantastique moderne. Descendant des premiers colons du Texas, l’histoire sauvage de la ruée vers l’or noir marque son imagination. Son oeuvre est inspirée de la grandeur et la décadence des civilisations.

À 19 ans, sa première histoire aboutie, Spear and Fang, est publiée dans la revue Weird Tales. Sa carrière démarre toutefois en 1928 lorsque ses nouvelles paraissent enfin dans diverses petites publications.

En 1932, il donne naissance au personnage de Conan. Ce barbare agressif et puissant est depuis devenu légendaire. Jusqu’en 1935, Howard écrit une vingtaine de nouvelles mettant en scène Conan.

C’est un correspondant important du Génie de Providence. Les deux hommes partagent beaucoup de points communs. Il développe toutefois au fil de leurs échanges ses propres idées fort différentes de celles de Lovecraft.

Féministe convaincu, il n’hésite pas à mettre en scène des personnages féminins, voir leur donner le premier rôle. Un exemple plus connu est celui de la mercenaire ukrainienne Sonya la rouge (Red Sonja, un film avec Shwarzaneger).

Les vues des deux hommes sur la civilisation diffèrent également. Tandis que Lovecraft la perçoit comme le joyau de l’accomplissement humain, Howard perçoit la barbarie comme le stade naturel de l’être humain, son état le plus pur. La civilisation n’est qu’une perversion de la vie à son état primaire.

Il décède d’un suicide en 1939 après avoir pris que sa mère ne sortira sans doute jamais du coma. On raconte que la mort de Lovecraft quelques temps plus tôt n’est pas étrangère à celui-ci.

Quelques uns des récits de Robert E. Howard :
  • Agnès de Chastillon
  • Bran Mak Morn
  • Conan
  • Conan l’aventurier
  • Conan le Cimmérien
  • Conan le flibustier
  • Conan le guerrier
  • Conan le vagabond
  • Conan l’usurpateur
  • Les Dieux de Bal-Sagoth
  • Kull le roi Atlante
  • Kull le roi barbare
  • Solomon Kane
  • Le retour de Kane
  • Sonya la Rouge
  • Steve Costigan
  • Steve Costigan et le signe du serpent
  • Steve Costigan et le champignon
  • Vulmea le pirate noir

Cosmogonie de l’Étrange

Cosmogonie de l’Étrange

Voici une liste des principaux dieux qui peuplent l’univers lovecraftien. Je mélange ici Dieux Extérieurs et Dieux Très Anciens puisque la ligne qui sépare ces entités n’est pas toujours claire.

 


Abhoth, la Source d’Impureté.

Cas singulier chez les Dieux Extérieurs, Abhoth réside visiblement dans de vastes cavernes creusées sous la planète Terre (quoi que certains sorciers affirment qu’il existe sur plus d’un monde simultanément). C’est une très vaste marre d’immonde fange grisâtre d’où émergent régulièrement des membres visqueux et éphémères. Il donne de la même façon continuellement naissance à une horde de choses informes et rampantes. Le Dieu Extérieur rattrape la plupart de ces enfants du chaos mais certains parviennent à s’échapper.

Peut-être apparenté au Gand Ancien Tsathoggua, les cavernes où il réside pourraient fort possiblement être reliées aux cavernes de N’Kai.


Azathoth, le Sultan des Démons.

Ce monstre presque inconcevable existe depuis la création de l’Univers. Il est le maître des Autres Dieux, régnant depuis le centre du Cosmos, au-delà des limites de l’espace-temps normal.

Azathoth est parfois décrit comme un grand chaos nucléaire tourbillonnant, un démon aux pouvoirs illimités mais aussi un Dieu aveugle et dénué d’intelligence au sens humain de ce terme. On dit aussi que son âme est le démon Nyarlathotep, un messager aussi fidèle que tortueux qui exécute ses moindres désirs avec un délice sadique.

Aucun culte connu sur Terre n’est associé directement à lui mais presque tous ceux-ci connaissent son nom. Les sorciers apaisent toutefois ce principe premier en prières lorsqu’ils transgressent les lois de l’Univers.


Bast, Déesse des Chats.

La déesse Bast est l’une des déités les plus connues du Mythe Lovecraftien pour avoir été adorée par un grand nombre de mortels lors de l’Égypte Antique. Elle n’est toutefois chez les siens qu’une divinité de second rang, limitée dans son influence aux félins de la planète Terre et de ses mondes oniriques.

Souvent représentée comme une femme à tête de félin (tantôt de lionne, tantôt de chat), elle était considérée dans l’antiquité comme la maîtresse de la magie et de la fertilité. Elle est adorée sous son apparence à tête de lionne comme une déesse de la guerre farouche et une protectrice dangereuse.

Certains prétendent qu’elle serait en fait un des Dieux Très Anciens.


Daoloth, Celui Qui Enlève les Voiles.

Daoloth est d’une nature à ce point complexe qu’il est difficile à l’esprit humain d’en saisir l’essence. Il est possiblement en partie mécanique bien que vivant, un chaos asymétrique d’hémisphères de métal brillant reliés par de longues tiges de plastique. Sa géométrie non-euclidienne fait de lui une impossibilité pour les sens humains. Daoloth ne se déplace pas, il s’étend et occupe l’espace sans se réellement se mouvoir, attribut fantastique de sa nature extra-terrestre.

Bien que l’on soupçonne que les hommes de l’Amérique précolombienne aient tenté de contacter cet être inconcevable, nul preuve démontre que Celui Qui Enlève les Voiles ait un jour été adoré activement par l’homme.

Ses prêtres-astrologues sont originaires d’ailleurs. Les Mi-Go, habitants de Yuggoth, semblent respecter sa sagesse étrange.


Nodens, Seigneur du Grand Abîme.

Nodens est un des seuls Dieux Très Anciens connus de l’humanité. Il apparaît le plus souvent sous la forme d’un vieillard à la barbe grise. Il est reconnu pour parfois aider l’humanité dans ses mésaventures auprès des Autres Dieux mais ses buts réels sont inconnus de l’homme. Il semble néanmoins d’une nature différente de celle d’Azathoth, Yog-Sothoth ou de l’ignoble Nyrlathotep.


Nyarlathotep, le Chaos Rampant.

Nyarlathotep est à la fois le Messager, le cœur et l’âme des Autres Dieux. Il est le seul Dieu Extérieur à posséder une personnalité au sens ou l’humanité l’entend et n’a vraisemblablement aucune forme première, capable de se muer en nombres d’entités étranges et extravagantes. Il est l’ennemi aux mille visages, le maître de la tromperie et du désenchantement. Certains croient qu’il est en fait nul autre que l’Homme Noir des sabbats de sorcières.

Il semble décidé à plonger l’humanité dans la tourmente, apportant visions de cauchemars aux plus vaillants et offrant aux fous les pouvoirs qui les détruiront. C’est un serviteur cynique et méchant, un maître de cérémonie tortueux qui semble s’amuser à torturer le monde en accomplissant le sourire aux lèvres les ordres des Autres Dieux.

Messager entre les mondes et leurs maîtres, presque toutes les prières adressées aux divinités du Mythe mentionnent son nom. Toutes les races du Mythe semblent le craindre de peur de tomber dans la défaveur d’Azathoth et de sa courre.

XXI. Nyarlathotep

And at the last from inner Egypt came
The strange dark One to whom the fellahs bowed;
Silent and lean and cryptically proud,
And wrapped in fabrics red as sunset flame.
Throngs pressed around, frantic for his commands,
But leaving, could not tell what they had heard;
While through the nations spread the awestruck word
That wild beasts followed him and licked his hands.

Soon from the sea a noxious birth began;
Forgotten lands with weedy spires of gold;
The ground was cleft, and mad auroras rolled
Down on the quaking citadels of man.
Then, crushing what he chanced to mould in play,
The idiot Chaos blew Earth’s dust away.

Tiré de ‘The Fungi of Yuggoth’ poésies par HP Lovecraft


Shub-Niggurath, la Chèvre Noire du Bois aux Mille Chevreaux.

Shub-Niggurath est un des plus importants des Autres Dieux dans les textes lovecraftiens. La chose est souvent à l’origine des pires abominations, une sorte de divinité de la fertilité aux attributs totalement étrangers aux critères humains.

Très rarement rencontrée sur Terre, on sait toutefois qu’elle est apparue près du petit village de Dunwich sous l’apparence d’un terrible nuage en ébullition doué de nombreux membres répugnants et de bouches baveuses. L’odeur vomitive de décomposition qui accompagna la manifestation souligna encore une fois les liens existant entre cette abomination et le monde charnel.

Son culte est assez connu sur Terre et peut revêtir bien des visages selon les cultures au cœur desquelles il s’implante. De sombres factions de druides et certaines tribus primitives de chasseurs-cueilleurs auraient longtemps lancé vers elle leurs plus terribles prières et leurs sacrifices sanglants.

Une espèce étrange de choses tentaculaires sert ce Dieu où qu’il se trouve. Les adorateurs de la Chèvre Noire les désignent souvent seulement sous le nom de Chevreaux ou de Sombres Rejetons de Shub-Niggurath.


Yog-Sothoth, le Tout-En-Un.

Cet être d’une puissance incalculable réside dans les interstices séparant entre eux les divers plans d’existence de notre réalité (et je parle ici le LA réalité, non notre conception humaine limitée de celle-ci). Il est partout et nulle part. Il apparaît à celui qui visite ses domaines transitoires tel un ensemble complexe de globes iridescents en mouvement. Ces sphères se fusionnent et se scindent continuellement sans ordre apparent.

Adoré par les chercheurs solitaires et les sorciers de toutes origines, il est celui grâce à qui ces mages peuvent se moquer des lois de l’espace-temps et ouvrir des fenêtres ou des portails vers d’autres époques ou d’autres lieux.

En hommage à Howard Phillips Lovecraft, Stephen King a également fait allusion au Tout-En-Un dans deux de ses livres, dans Bazaar et Danse Macabre.

 

 

 

August Derleth

August William Derleth

Collaborateur important de Lovecraft

Derleth est né le 24 Février 1909. Dès son adolescence, il est un correspondant important de Lovecraft. Il lui envoie une lettre à l’âge de 17 ans afin de lu demander son avis sur la manière d’aborder un récit fantastique. L’auteur légendaire devient presque un mentor pour le jeune Derleth. C’est toutefois Derleth qui a su faire pression auprès de la revue Weird Tales afin que Lovecraft y soit publié.

Écrivain et éditeur américain, il est notamment à l’origine du nom « Mythe de Cthulhu ». Il est le créateur de la maison d’édition Arkham House (1939) dédiée à faire connaître les écrits de Lovecraft. Après la mort de ce dernier, il obtient de son exécuteur testamentaire plusieurs de ses textes inachevés auxquels il donne une nouvelle vie. Plusieurs de ces textes sont présentés comme des collaborations Lovecraft/Derleth ce qui a souvent été reproché au créateur d’Arkham House. Certains prétendent qu’il a simplement utilisé le nom de Lovecraft pour donner une meilleure visibilité à ses propres textes.

Il travaille beaucoup à organiser le Mythe, à lui donner un sens plus cohérent aux yeux des pauvres humains incapables d’en comprendre la nature. Plusieurs puristes lovecraftiens lui reprochent beaucoup ce remaniement de la cosmogonie mise en place par le maître. Derleth inscrit les Grands Anciens dans une logique élémentaire. Il met en place une vision plus manichéenne où les forces du bien et du mal se confrontent. Lovecraft était plus … matérialiste. Nulle notion de bien ou de mal n’existe dans ses textes (ou rarement), seulement les volontés inconcevables d’êtres inhumains et presque omnipotents lorsque comparés à l’échelle humaine.

On peut facilement excuser ces élans d’anthropocentrismes lorsque l’on songe que, sans lui, Lovecraft n’eut été qu’un nom parmi tant d’autres, oublié entre les colonnes d’une archive délaissée.

Il décède d’une crise cardiaque le 4 Juillet 1971.

 

Textes à la saveur de Derleth …

Le rôdeur devant le seuil
Le masque de Cthulhu
La trace de cthulhu
L’Ombre venue de l’espace
La chose des Ténèbres
Légendes du mythe de Cthulhu
L’horreur dans le musée
Les Veilleurs hors du temps
Le retour d’Hastur

Clark Ashton Smith

 

 

Clark Ashton Smith (1893 – 1961)

Collaborateur important de Lovecraft

Clark Ashton Smith est un poète délicieux et un écrivain de fantasy ingénieux qui vécut de 1893 à 1961. Son imaginaire riche a donné naissance à de nombreux éléments qui, avec le temps, devinrent une part importante de l’univers lovecratien.

Smith est un reclus autodidacte de Californie. Diagnostiqué très jeune d’agoraphobie, il se plonge dans la lecture et découvre les mêmes auteurs qui ont transporté le jeune Lovecraft. Accablé d’importants troubles d’anxiété, il ne se rend jamais à l’école secondaire. Il continue toutefois à lire avec avidité. On lui reconnaît une mémoire eidétique, un don rare qui l’a beaucoup aidé lors de ces études autodidactes.

Comme Lovecraft, il commence à écrire très tôt. Ses premières histoires se situent dans un univers médiéval évoquant les Mille et une Nuits. À l’âge de dix-sept ans, il vend plusieurs histoires au magazine The Black Cat. Il publie aussi quelques textes au Overland Monthly, une autre revue littéraire. C’est toutefois la poésie qui appelle le jeune Smith. Il obtient effectivement une certaine reconnaissance comme poète en Californie au début de la vingtaine avec son premier recueil de poèmes : The Star-Treader and Other Poems.

C’est le génie de Providence qui contacte Smith après avoir beaucoup aimé ses travaux. Leur correspondance importante donnera des fruits terrifiants et merveilleux. Ils échangent beaucoup d’idées, d’éléments et de créatures. Ces échanges durent de 1922 à la mort de Lovecraft en 1937. Smith est effectivement à l’origine d’éléments centraux du Mythe comme le Grand Ancien Tsathoggua, le sorcier Eibon ou le monstre Mordiggian.

Robert E. Howard (auteur de Conan), Lovecraft et lui forment selon certains experts des cycles lovecraftiens une sorte de sainte trinité de la Fantasy américaine. Ils sont certainement le triumvirat de la revue de pulp Weird Tales. Ces trois amis ont beaucoup partagé. L’importance de leur correspondance parle à elle seule, compilant des centaines de lettres.

Clark Ashton Smith compose plus d’une centaine de nouvelles entre 1929 et 1934. Il a à cœur des thèmes considérés morbides par ses contemporains, parlant de mort, de décomposition et d’anomalies. Ses univers préhistoriques sont en effet caractérisés par des rites étranges et des religions aux divinités extraterrestres.

Les titres signés par Smith sont fort nombreux. On les regroupe souvent en divers ‘cycles’ nommés selon le lieu où se déroulent ces aventures : l’Hyperborée, Poseidonis, Averoigne et Zothique. Les similitudes entre le continent perdu d’Hyperborée et Poseidonis sont nombreuses. Les deux décors préhistoriques sont empreints de magie et d’un mysticisme teinté d’horreur. Averoigne est une version repensée de la France des lumières où la sorcellerie et la nécromancie teintent les campagnes paisibles du vieux continent. À l’autre extrémité de l’histoire terrestre, Smith place Zothique des millions d’années dans le futur, à une époque où le soleil n’est plus que l’ombre de lui-même.

La fin des années ’30 est particulièrement dure pour Clark Ashton Smith. Il perd sa mère en 1935 et son père deux ans plus tard, en décembre 1937. Le suicide de l’auteur Robert E. Howard en 1936 l’affecte beaucoup, tout comme la mort de Lovecraft sous la faux du cancer en 1937. Toutes ces tragédies le drainent de sa force aussi cesse-t-il d’écrire des nouvelles pour se concentrer sur la sculpture et la poésie.

Quelques titres …

Zothique
Poséidonis
Ubbo-Sathla
L’empire des nécromants
La gorgone
Le dieu carnivore
Les abobinations de Yondo
Le Mangeur de hachisch
La sainteté d’Azédarac
La venue du ver blanc

Malheureusement, de nombreux titres signés par Clark Ashton Smith sont difficiles à trouver en français. J’ajouterai que sa formation de poète et son choix de mots souvent raffinés donne un caractère si savoureux à son œuvre qu’il est souvent préférable de le lire en anglais.

Vous avez lu Clark Ashton Smith? Qu’en avez-vous pensé?

 

 

 

 

De Vermis Mysteriis

De Vermis Mysteriis

Les Mystères du Ver

L’Auteur :

Ouvrage en latin écrit en 1542 par Ludwig Prinn, alchimiste Belge et, selon les rumeurs, un sorcier émérite. Il a beaucoup voyagé en Orient (notamment en Syrie et en Égypte) et aurait atteint un âge vénérable grâce à ses dons magiques.

Il fut éventuellement capturé par l’Inquisition et condamné à mort. La légende veut qu’il ait écrit ce livre en prison pendant son procès. Nul ne sait comment il sut faire sortir cet ouvrage blasphématoire de sa geôle mais certains racontent que le Baron Hauptman, un gentilhomme doublé d’un sorcier reconnu, aurait aidé le condamné.
Le livre fut publié à Cologne l’année suivante par Eucharius Cervicornnus.


Le « De Vermis Mystreriis » fut d’abord publié en 1542 par Eucharius Cervicornnus à Bruxelles, aux presses de Cologne. Cet ouvrage rarissime est en latin.

En 1587, une version abrégée et censurée du De Vermis Mystreriis est publiée à Hambourg. Le contenu de cette traduction allemande a beaucoup souffert dans l’exercice.

On considère la traduction anglaise plus fidèle à l’original. Bien que celle-ci soit attribuée au célèbre sorcier Edward Kelly, il est vraisemblable qu’elle soit l’oeuvre d’un érudit anonyme.

Une autre version anglaise existe, traduite par l’italien Charles Leggett. Elle est intitulée « Les Mystères du Ver » L’auteur n’a malheureusement pas saisi certaines subtilités du latin original. Ce texte de moins bonne qualité fut publié en 1821.

Quelque part durant le dix-neuvième siècle, un individu connu uniquement sous le nom de « Clergyman X » fit une nouvelle traduction anglaise des Rites Sarrasins. Le texte hautement censurée fut publiée sous forme de monographie.


Son Contenu :

Epais de plus de 700 pages, le livre est divisé en seize chapitres. L’auteur y explore des sujets tels que Irem la Cité des Piliers, le Sacerdoce de Nephren Ka et les avatars de Nyarlathotep connus en Orient.

Plus précisément, la première partie du De Vermis Mysteriis traite essentiellement des fantômes, zombies et autres morts-vivants. Les allusions aux goules n’y sont pas rares.

Dans la deuxième partie, Prinn parle de ses voyages au Proche Orient et de ses rencontres avec les « djinns« . Dans un de ces chapitres, nommé « les Rites Sarrasins« , il se penche sur l’invocation et le contrôle de ces êtres venus d’ailleurs. Il y consigne de nombreuses formules, chants et incantations capables d’attirer l’attention de ces monstres.

La mise en page de ce chapitre est un bon exemple du sens de l’humour sadique de l’auteur. Ainsi, certains sorts permettant de contrôler les êtres appelés du fin fond de l’Univers sont écris dans d’autres sections du livre. Certains sont codés, d’autres découpés et éparpillés à travers l’ouvrage. Pour cette raison plus d’un imprudent n’a pas survécu à ses premières tentatives.

On y retrouve aussi un chapitre important sur les relations existant entre le Panthéon égyptien et le mythe lovecraftien. On comprend l’importance malsaine de Nyarlathotep sur cette culture et devine la portée de son influence.

Une partie du dernier chapitre traite d’une drogue temporelle bizarre qui altère la perception du temps de celui qui la boit. La même section contient aussi les instructions pour créer le Pentacle Pnakotique.

On dit aussi que Les Mystères du Ver contient de nombreux autres sortilèges. Un rituel capable d’appeler un Rejeton de Shub-Niggurath, une formule conjurant l’esprit d’un défunt des ruines de son corps ou encore les instructions permettant de reproduire un certain symbole sensé être un outil important lorsque vient le moment de chasser les entités du mythe.

 

 

Le vie de HP Lovecraft 3/3

La vie de HP Lovecraft 3/3

Le génie de Providence.

 

Le génie de Providence émerge de cet ermitage en 1914 où il rejoint diverses associations littéraires dont l’UAPA à laquelle il offre comme texte probatoire l’Alchimiste (publié en novembre 1916). Il rédige notamment de nombreuses chroniques astronomiques dans des revues scientifiques et des gazettes locales. Le 24 mars 1915, il expédie dans la nuit deux cent exemplaires du premier numéro du Conservative, son propre fanzine, qu’il publiera par intermittences jusqu’en juillet 1923 (treize numéros).

1917 est une année charnière pour notre cher Howard. Il ne voit pratiquement rien de la Première Guerre. Il s’engage dans l’armée et se voit affecté à la garde nationale du Rhode Island, dans l’artillerie côtière, mais sa mère le fait réformer en faisant état de sa mauvaise santé. Il écrit cette année là les nouvelles La Tombe et Dagon, textes très importants pour la cosmogonie lovecraftienne qui seront publiés des années plus tard (en 1922 et 1919, respectivement).

Avec la rédaction de Par delà le mur du sommeil, en janvier 1919, Lovecraft affirme solidement son style unique. Mais c’est à l’automne, lorsqu’il découvre les récits oniriques de lord Dunsany et écrit Le Bateau Blanc et La Malédiction de Sarnath, deux textes à forte inspiration dunsanienne, que notre étrange héro finit sa transformation. Il est complètement emporté par l’auteur. Enfin, il écrit en décembre de cette année dans une lettre à Rheinhart Kleiner qu’il vient de terminer une histoire d’épouvante fondée sur un de ses rêves : Le Témoignage de Randolph Carter. Ce texte savoureux est à l’origine de l’ouvrage Démons et Merveilles où on explore la vie singulière de Carter et retrouve pour la première fois la mention de Kadath.

S’ensuivent une série de textes savoureux, de bijoux dérangeants et d’autres compositions qui firent du futur maître du récit fantastique un diamant pratiquement inaperçu de ses contemporains. Bien que respecté de ses collègues de l’United Amateur Press Association (UAPA) il ne parvient pas à rejoindre un grand public qui n’est pas préparé à ses visions d’avant-garde. Il travaille donc le plus souvent comme correcteur, rafistolant les textes de divers autres auteurs, travail souvent ingrat et peu rémunéré. Il publie ses propres poèmes étranges et ses nouvelles incroyables dans de petits magazines de faible tirage. Sans cesse confronté à de nouvelles épreuves, Lovecraft voit en 1919 sa mère internée au Butler Hospital d’où elle ne ressortira plus. On dit qu’elle souffrait alors déjà de nombreux troubles mentaux.

La pauvre meurt au mois de mai 1921. Lovecraft, qui vivait depuis l’internement de celle-ci avec sa tante Annie, héberge alors sa sœur, sa vieille tante Lillian.

Après une série de petits récits épisodiques nommés Herbert West, réanimateur parus dans le fanzine Home Brew, il quitte ses deux tantes pour aller vivre à New York où il marie Sonia Greene. Les deux vieilles femmes ne sont informées de la cérémonie que quelques jours plus tard. Le couple s’installe à Brooklyn mais les temps difficiles ne font que commencer. Lovecraft ne trouve pas de travail sérieux à New York et lorsque son épouse essuie une débâcle économique en octobre elle plonge dans une sévère dépression. Sonia doit quitter la ville pour se reposer à la campagne. Avant la fin de l’année elle déménage pour Cincinnati (Ohio). Lovecraft ne la suit pas et reste à Brooklyn dans un studio choisi et aménagé par sa tante Lillian. Sa femme passera peu de temps à New York au cours des années suivantes. Seule bonne note de l’année : il débute des rapports cahoteux avec le propriétaire de la revue Weird Tales, un futur allié.

Le maître inconnu du fantastique rentre enfin à Providence en 1926 où il s’installe au 10 Barnes Street avec sa tante Lillian Clark. Lorsque Sonia propose un mois plus tard aux tantes de louer à son nom une grande maison pour eux tous l’offre est poliment mais fermement refusée.

Ce retour à Providence lui est salutaire. En août de la même année, il débute une correspondance avec August Derleth, son futur éditeur et fondateur de Arkham House. Il rédige cet été un des récits les plus importants de son œuvre, L’Appel de Cthulhu. On notera que l’amitié entre lui et Harry Houdini se renouvelle alors et que le célèbre illusionniste lui commande même un article contre les pièges de l’astrologie pour son œuvre inachevée Le Cancer de la superstition. Le même hiver il rédige L’Étrange maison haute dans la brume et À la recherche de Kadath.

Le Modèle de Pickman, Le Descendant et La Clef d’Argent furent aussi rédigés dans cette période, ainsi que La couleur tombée du Ciel, L’Affaire Charles Dexter Ward et L’Abonination de Dunwich.

S’ensuivent de nombreux petits voyages dont un séjour enchanteur à Québec qui lui plut énormément en fin octobre 1930. Certains croient que son séjour là-bas lui inspira À travers les portes de la clé d’argent, rédigé en 1933. Après avoir mis le dernier point à cette nouvelle il revient effectivement une troisième fois à Québec et rentre vers le sud en passant par les villes de Salem et Marblehead.

Au tout début de 1937, suite à ce qui est alors diagnostiqué comme étant des troubles digestifs et une attaque de grippe, le génie de Providence doit s’aliter. On dit que le 19 février son médecin le trouve allongé dans sa baignoire pleine d’eau, seule façon selon lui d’alléger ses douleurs. Le 2 mars un spécialiste diagnostique un cancer de l’intestin. HP Lovecraft décède à l’hôpital Jane Brown le 15 mars.

 

La vie de HP Lovecraft 2/3

La vie de HP Lovecraft 2/3

L’Adolescence de Lovecraft.

Je crois pouvoir marquer le début de l’adolescence de Lovecraft avec la mort de son grand-père Whipple Phillips en mars 1904. Ce décès provoque le déclin des affaires familiales ainsi qu’une certaine gêne financière. La maison d’Angel Street est vendue et sa mère, ses tantes et lui se retrouvent dans un appartement de cinq pièces. Lovecraft se souviendra plus tard de ce changement dans ses correspondances disant : « Pour la première fois, je savais vraiment ce que c’était d’habiter une maison surpeuplée, dépourvue de domestiques et avec une autre famille habitant sous le même toit. » Les seuls revenus de la famille sont alors les intérêts d’une hypothèque prise sur une carrière à Violet Hill. On ne peut continuer à payer les tuteurs privés de Lovecraft qui doit entrer à l’école secondaire de Hope Street.

En juin 1906 paraît dans le Providence Journal une lettre de lui contre l’astrologie, son premier texte imprimé. Il achète cet été là sa machine à écrire sur laquelle il passera les trente prochaines années à écrire ses œuvres devenues aujourd’hui légendaires. Son intérêt pour l’astronomie est vive. Il travaille en collaboration avec divers publications locales et donne même une conférence sur le sujet devant le Boy’s Club de la première Église baptiste en janvier 1907. Il a alors moins de 18 ans.

Entre 1909 et 1913 Lovecraft se replie sur lui-même et entre dans une période de réclusion volontaire. Il lit sans relâche, découvrant le monde plus fantastique des magazines pulp et leur univers aux accents oniriques. En 1912, dérangé par l’afflux d’immigrés gagnant sa ville bien aimée, il rédige le poème satirique Providence en l’an 2000. Premier témoignage du déplorable manque de tolérance de l’auteur pour les étrangers et le manque de classe (personne n’est parfait, dit-on), il s’agit de sa première œuvre de fiction publiée. En 1913, le jeune idéaliste puritain livre notamment un combat dans les colonnes de la revue The Argosy contre l’œuvre de l’écrivain populaire Fred Jackson qu’il considère indécente, créant une controverse qui occupa la revue durant plus d’une année.

 

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Le vie de HP Lovecraft 3/3

La vie de HP Lovecraft 1/3

 

La vie de HP Lovecraft 1/3

L’Enfance de Lovecraft.

Howard Phillips Lovecraft est né dans la résidence familiale située au 194 Angell Street à Providence, au Rhode Island. Nous sommes le 20 août 1890. Il est 9h du matin. Il est le fils de Winfield Scott Lovecraft, un représentant de la Ghoram Silver Company qui vend des bijoux sur la route, et de Susan Phillips, la fille d’un homme d’affaires.

Le futur génie du fantastique n’a jamais réellement connu son père. En avril 1893, Winfield est effectivement pris d’un accès de démence lors d’un voyage d’affaire à Chicago. Il est rapatrié vers le Rhode Island où il est interné au Butler Hospital de Providence. Il ne retrouvera jamais la raison et décède en 1898. Howard et sa mère rentrent donc vivre chez les Phillips, au 454 Angel Street.

Lisant entre les lignes de sa vie, on découvre que son enfance est pleine de sources incroyables pour ses futurs récits. Par exemple, à cinq ans, enchanté par la lecture des Milles et Unes Nuits, il se déclare converti à l’Islam et se fait appeler Abdul Alhazred, nom qu’il donnera plus tard à un des personnages humains les plus mystérieux de son œuvre, l’Arabe fou auteur du livre qui sera appelé à être connu sous le nom d’origine grecque : Nécronomicon.

Lovecraft est un enfant surdoué. Il récite des poèmes par cœur à trois ans et écrit ses premiers textes à six. Son grand-père maternel l’encourage à lire et lui procure des classiques comme Les Mille et Une Nuits et des versions pour enfants de l’Iliade et de l’Odyssée. Ce même grand-père intrigue d’ailleurs le jeune Lovecraft en lui racontant ses propres histoires gothiques.

Notre maître de la plume a donc commencé à écrire à l’âge de six ans. Il écrit alors La Petite Bouteille de Verre, un court texte de fiction. Son plus ancien poème retrouvé date du 8 novembre 1897, The Poem of Ulysses. L’année suivante, la mort de son père, toujours à l’hôpital psychiatrique, lui inspire peut être son second texte de fiction : La Caverne Secrète. Notons aussi Le Mystère du cimetière, écrit en 1899, et en 1901 sa première collection de poèmes (reliées de sa main) qu’il nomme Poemata Minora.

On croirait que Lovecraft serait des mieux ferrés pour son entrée à l’école à l’automne 1898 mais il n’y reste en fait qu’un an, se retirant ensuite en raison de sa santé fragile. Mais l’intelligence vive du petit garçon ne peut le laisser en paix aussi facilement. Il se livre dans sa cave à des expériences de chimie grâce à un petit kit offert par sa tante. Le 4 mars 1899 paraît donc le premier numéro de The scientific Gazette, une revue qu’il rédige et tire à cinq exemplaires grâce à un duplicateur à l’alcool. La « publication » paraît jusqu’en février 1902 et comprendra 32 numéros.

Toujours en 1902, après une brève tentative de retour en classe, il rédige un nouveau texte de fiction intitulé Le Vaisseau Mystérieux. Il met aussi la main à six textes sur la chimie et divers autres essais (sur les mythes égyptiens, l’histoire du Rhode Island et j’en passe …). Les amateurs des Montagnes Hallucinées seront ravis d’apprendre qu’il rédigea la même année un Atlas de l’Antarctique.

Sa passion pour le ciel et les sciences emmènent sa mère à lui offrir un télescope qu’il installe sur le toit de l’observatoire de Providence (le directeur est un ami de la famille). Cette passion entraîne la création d’une nouvelle gazette privée, le Rhode Island of Astronomy, tiré cette fois à 25 exemplaires. (67 numéros en tout jusqu’en 1907)

 

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La Vie de HP Lovecraft 2/3